Odhali
Suivre le flux RSS des articles
Suivre le flux RSS des commentairesFauste
Odhali, le 9 Juin 2008 à 15:12
Voici une illustration et des extraits des chapitres 1 et 2 concernant le personnage de Fauste.
[...] Deux cent ans plus tard, après l’émergence d’Aysenaleth, la disparition du peuple de Déréa et ma fuite en Talaë, un nouvel ordre gouvernemental s’était installé. Malgré les tensions et les problèmes de cohabitations évidents entre les autochtones et les « nouveaux venus », le monde semblait avoir accepté son sort. J’avais l’air toujours aussi jeune et beau et la seule véritable clé du mystère résidait encore en Aysenaleth.
Les Surfaces et Affleurements Unis s’étaient réparties la gestion du monde selon quatre grandes zones : Nord, Sud, Est, Ouest. Chacune étant séparée par trois zone intermédiaires, plus petites : Sud Est, Nord Ouest, Sud Ouest. Chaque zone étant gérée par une ambassade. Ce jour là, le grand conseil et une foule de curieux participaient à une assemblée dont l’ordre du jour était le vote des condamnations et exécutions pour l’année à venir.
Joseï Jerkaï, éminent sociologue d’une soixantaine d’années, avait pour mission la bonne conduite de la réunion. Je ne le tenais pas en grande estime mais il avait le mérite de me faire beaucoup rire. Sa présence et le fait que j’étais dans les parages me décidèrent à rejoindre la fête. La salle, un hémicycle aux parois émeraude, était un peu trop grande pour cette assemblée. Le plafond était haut et une toile ajourée, d’un vert plus tendre y était tendue. Deux mètres en dessous, de petites sphères lumineuses flottaient. Au centre se tenait Josei, silhouette rabougrie et flasque qui, compilée au comique de sa tète dépassant tout juste du pupitre me rendait hilare. Face à lui grouillait une bruyante centaine d’invités transpirants. Tandis qu’on amenait à Joseï un escabeau discret, ses petits yeux gris, exorbités, roulaient nerveusement sur l’assistance.
« Mesdames, Messieurs ! Soyez tous les bienvenus à l’ambassade du Nord » Joseï chassa les assistants qui l’aidait à monter sur l’escabeau et constata, furieux, que personne ne l’écoutait.
Le petit vieillard décrocha l’émetteur de sa veste vert bouteille, boucha son oreille gauche d’une main et colla l’autre contre son épaule avant de l’approcher du micro. L’horrible larsen qui se propagea dans la salle fut suivi d’un silence de mort. Après un grossier et tonitruant raclement de gorge, Joseï ouvrit grand les bras et posa fermement ses mains sur les rebords sombres et vernis de son pupitre pour se rehausser encore un peu : « Cher confrères et amis ! Bien que nous n’ayons, fort heureusement, aucune perte humaine à déplorer pour l’instant, nos avants postes et points stratégiques continuent d’être régulièrement sabotés. Certains ont été rayés de la carte. Jusque-là, poursuivit-il tandis qu’une sphère écran descendait derrière lui, nous n’avions pas de coupable à juger mais... j’ai le plaisir de vous annoncer... »
La pièce s’assombrit doucement, l’écran s’anima. La scène, filmée en infra rouge car elle se passait de nuit, montrait un immeuble au toit apparemment désert. Au bout de quelques secondes, une silhouette imposante apparut. Josei fit aussitôt claquer sa baguette de démonstration sur l’écran de contrôle implanté dans le pupitre :
« ...J’ai donc le plaisir de vous annoncer qu’aujourd’hui, grâce à mon acharnement, nous en avons un. Rendez-vous compte que les Kaferios, cannibales redoutés dont la force physique n’a d’égal que la ruse et que rien n’arrête, ni les balles, ni les flammes, ni l’argent, font eux aussi les frais de ce terroriste. Les Kaferios subissent en ce moment une importante famine et sont de plus en plus nombreux à se risquer dans les villes pour y trouver de la nourriture... »
Trois rangées plus loin, un gros monsieur hocha discrètement la tête dans ma direction avant de reporter son attention sur Joseï. Le gros monsieur essuya les monstrueuses gouttes de sueurs qui ruisselaient le long de son visage distendu et poussa un profond soupir :
« J’ose espérer que vous avez envoyé une unité de combat pour régler ce problème.
– C’est évident, seigneur Caram…mais si vous le permettez, poursuivit Joseï en montrant de nouveau l’écran, voilà notre véritable problème.
– Que peut-il y avoir de plus important qu’un raid de Kafério affamés ? grogna un jeune homme blond assis au premier rang.
– Elle, répondit Josei. »
Le Kaferio semblait chercher désespérément un moyen de fuir le toit et fut rejoint par une personne plus petite, plus svelte, et humaine selon toute évidence. Elle se déplaçait vite et avec agilité. Je reconnu Fauste instantanément, il était évident pour moi qu’elle était derrière ces attentats mais je m’étonnais de la voir à l’écran, elle qui justement prenait garde que personne ne la voit jamais. Je m’enfonçais un peu plus dans mon fauteuil et croisais les bras, mal à l’aise et inquiet.
« Mesdames, Messieurs, chers confrères : voici notre ennemi numéro un, annonça Joseï en faisant une fois de plus claquer sa maudite baguette. Les capacités de cet être surpassent de loin celles d’un humain commun et des peuples dont nous avons déjà connaissance.
– Certaines espèces montrent des qualités supérieures à celle d’un Kafério, Josei, rétorqua le jeune homme blond. Cela n’a rien d’extraordinaire.
– Aucune ne les cumulent, répondit-il sèchement. »
Josei affichait un air satisfait et fixait intensément son jeune interlocuteur. A l’image, la frêle silhouette sortait du champ de vision, suivie du Kafério. Il y eut un crépitement aigu, puis une lueur bleutée qui satura l’écran.
« Quinze secondes et trois centièmes pour neutraliser ce Kafério ! Un Jeu d’enfant pour elle, dit-il alors que l’inconnue réapparaissait à l’écran. »
Effectivement le kaferio semblait avoir disparu, mais ça ne me surprenait pas. Dans l’amphithéâtre des murmures s’élevèrent. Remarques et discussions allaient bon train et sans Joseï. Tremblant de rage, il saisit l’émetteur et provoqua un second larsen qu’il prolongea jusqu’à ce que des regards implorant se dressent vers lui. Sans commentaires la mine boudeuse, il reprit la projection. Avec une nonchalance féline, la mystérieuse silhouette à l’écran se rapprocha de la caméra et s’agenouilla. Ses cheveux étaient noués en arrière et disparaissaient sous une capuche de dentelle dense et sombre qui dissimulait une grande partie de son visage. Dire qu’elle était humaine n’était que pure spéculation de la part de Joseï. Je m’efforçais de deviner ce qui avait poussé cette femme à se laisser filmer mais je ne parvenais plus à me concentrer. Une vieille femme, assise à ma gauche, balançait frénétiquement ses pieds en m’effleurant sans gêne et commençait à m’agacer. Joseï massait un point de tension sous ses lunettes et juste entre ses yeux quand il annonça :
« A la lumière de tout cela, poursuivit Joseï en l’ignorant, je propose de mettre cette créature dans le registre des Tètes à abattre. »
[...] De la terrasse, Ida jeta un regard mélancolique vers un arbre immense qui se dessinait au loin. Après l’apparition d’Aysenaleth, les racines de certains végétaux avaient malencontreusement effleuré le lit d’Ircadès et leur mutation avait donné naissance à d’étranges spécimens; celui-ci était gigantesque et on l’avait surnommé le Titan de verre. Trois de ses semblables se dressaient dans la cité. L’écorce conservait un aspect de mousse caoutchouteuse sur plusieurs centimètres. Fins et sinueux, peu de feuilles. Celles-ci étaient transparentes et ne tombaient jamais quelle que soit la force du vent qui pouvait les secouer où de l’oiseau qui les bousculait dans son vol ; la nuit elles rendait faiblement la lumière captée durant la journée. Continuellement agité par une petite brise, le feuillage tintait d’un son cristallin et berçait la ville nuits et jours. Au sommet d’une coupole religieuse, non loin de l'un des arbres fantastiques, Fauste, la mystérieuse jeune femme qui causait tant de souci à Joseï retira ses lunettes à vision lointaine pour les remplacer par des solaires communes et contempler le soleil couchant sur la ville. Elle n’avait rien perdu de la réunion et encore moins du retour du waherlïn. Des effluves de nourritures montaient de la rue. Un vol d’oiseau arriva dans son dos, la dépassa en la frôlant et se perdit à l’horizon. La lumière était dorée, apaisante, la cité avait été colonisée par des parasites microscopiques qui recouvraient toutes les structures d’une fine couche couleur de bronze et qui leur valait le nom d’« Aes ». Après plusieurs décennies certains quartiers étaient devenus entièrement monochromes. Quelques secondes encore et le soleil disparut dans la mer, ne laissant plus au loin qu’une bande de ciel couleur de feu.Silhouette aqueuse aux reflets de bronze, un Aes émergeât du dôme jusqu’à la taille et tendit la main à la jeune femme qu’il guida galamment sur la courbure de la coupole. Il la fit passer au-dessus du vide et glissa gracieusement avec elle le long de la façade. Touchant terre, la jeune femme esquissa une courbette élégante, dans le soleil couchant ses cheveux vermillons flamboyaient comme un éternel couché de soleil. Ses lunettes tout juste fumées laissaient deviner de grands yeux clairs. Sa silhouette était harmonieuse et puissante, sa démarche féline. Le chant des arbres l’enivrait, rendait son pas encore plus léger. Elle s’éloignait, songeant déjà avec délices à ses prochains raids. Flânant au milieu des badauds, Fauste attendait que la nuit vienne pour pouvoir porter son prochain coup. [...]
aucun commentaireLe bar de l'Anachron
Odhali, le 30 Avril 2008 à 11:56
Voici un rough de l'Anachron, principale scène de l'histoire.
La passe est tenue par Cameri Hedera, elle est aussi sa prison."L'Anachron était un lieu chaleureux et très fréquenté. Après le hall d’entrée aux allures familiales, se trouvait une grande salle et une trémie de plusieurs dixaines de mètres. La trémie était cernée d’un garde-corps en fer forgé façon art déco et surplombait la cave aux voûtes de pierres spectaculaires. Deux escaliers de verre à quart tournant et dont la structure métallique était assortie aux garde-corps, la désservait. Sous chaque marche était disposée une ampoule brute, vert bouteille, ballon dirigé vers le haut, les fils courant librement sous le verre des girons. Le sol en béton poli, était ponctué par endroit de petits spots encastrés diffusant une lueur bleutée. [..] Il y avait une scène, parcourue de fils et de câbles, sur laquelle se trouvaient quelques instruments importés d’autres affleurements côtoyant les classiques, piano, guitare, batterie... Plus au fond, un gros fauteuil coulé dans un béton similaire à celui du sol, se dressait tout en courbes. Cameri y jetait des drapés de couleurs et y présidait la nuit. Sur les côtés se trouvaient des sièges hétéroclytes et d’épais tapis. L’air embaumait, la cannelle, la cire d abeilles, le musc et l’alcool doux.Un peu partout sur les murs, tout étage confondu, s’étalaient les clichés du patron, rarement encadrés, tout juste collés à la pâte jaune ou simplement punaisés. Mais malgré tous les efforts de Cameri, il flottait encore quelque chose de sombre, mystérieux et un peu glauque dans l’atmosphère.
Pour ceux qui transitaient d’un affleurement à l’autre, l’Anachron était une passe respectée ; pour Cameri, il était son tombeau."
2 commentairesL'homme sur le banc
Odhali, le 21 Mars 2008 à 10:04
4 commentairesArkhel et Fauste - Le couple maudit
Odhali, le 7 Mars 2008 à 12:00
4 commentairesUne mystérieuse créature
Odhali, le 7 Mars 2008 à 11:23
Une première illustration pour vous plonger dans l'ambiance!
un commentaire
[1] 2



Haut de page
